Une action constitutionnelle a été intentée devant la Cour supérieure du Québec afin d’obtenir une ordonnance de suspension à l’encontre de l’article 10 du projet de loi

(Montréal – 7 novembre 2017) – L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), deux organisations de premier plan dans le domaine des libertés civiles et de la défense des droits, ont déposé aujourd’hui une plainte devant en anglais et en français devant la Cour supérieure du Québec pour contester la constitutionnalité du projet de loi 62.

Le 18 octobre 2017, l’Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi n° 62, intitulé « Loi visant à favoriser le respect de la neutralité religieuse de l’État et, notamment, à encadrer les demandes d’accommodements pour des motifs religieux au sein de certains organismes » (la « Loi »).

Le recours vise à obtenir une ordonnance judiciaire suspendant l’application de l’article 10 de la nouvelle loi, qui oblige les personnes à découvrir leur visage pour bénéficier de services publics de base, notamment les soins de santé, l’aide sociale et les transports en commun. Cette obligation touche directement et presque exclusivement les femmes musulmanes qui se voilent le visage conformément à leurs convictions religieuses sincères.

Dans le recours judiciaire contre le projet de loi 62, le NCCM, l’ACLC et Marie-Michelle Lacoste, une femme musulmane québécoise qui porte le niqab, sont désignés comme parties plaignantes.

« Dans le climat politique actuel, cette loi encouragera la xénophobie, l’humiliation publique et le harcèlement des femmes qui portent le niqab. Elle aura également, sans aucun doute, des répercussions sur les femmes musulmanes, les enfants et les autres membres de la communauté. Ce sont précisément les types de conséquences que l’ACLC s’efforce d’atténuer et d’éviter grâce à son action de sensibilisation à travers le pays », déclare Noa Mendelsohn Aviv, directrice générale par intérim de l’ACLC.

« En intentant cette action en inconstitutionnalité, le NCCM cherche à protéger les droits et libertés fondamentaux d’un groupe de femmes vulnérables et stigmatisées. Comme le soulignent depuis longtemps les critiques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Québec, cette minorité, ainsi que la communauté musulmane dans son ensemble, continuent d’être utilisées comme monnaie d’échange politique à des fins électorales », déclare Ihsaan Gardee, directeur général du NCCM.

« Sous le prétexte de la neutralité religieuse de l’État, cette mesure législative inutile encourage l’islamophobie et une politique identitaire malsaine au Québec, ce qui conduit à une marginalisation accrue des musulmans québécois, dont beaucoup se sentent déjà assiégés », déclare M. Gardee.

Les plaignants sont représentés par le prestigieux cabinet d’avocats IMK LLP, situé à Montréal.

L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) est une organisation nationale apolitique à but non lucratif qui œuvre à la protection des droits et libertés de tous les Canadiens. Sa mission consiste à promouvoir le respect et l’application des droits fondamentaux de l’homme et des libertés civiles, ainsi qu’à défendre, étendre et favoriser la reconnaissance de ces droits et libertés.

Le Conseil national des musulmans canadiens (NCCM) est une organisation indépendante, apolitique et à but non lucratif qui se fait le porte-parole de l’engagement civique des musulmans et de la promotion des droits de l’homme.

CONTACTS :


, coordinatrice des affaires publiques du NCCM au Québec, 514-371-2888,
; Audrey Boctor, membre du conseil d’administration de l’ACLC, 514-934-7737


, Cara Zwibel, directrice juridique par intérim de l’ACLC, 416-319-2328,
; Ihsaan Gardee, directeur général du NCCM, 613-853-4111

Avocats des demandeurs:
, Catherine McKenzie, IMK LLP, 514-935-4460

La version française suit.

Une action en justice constitutionnelle intentée devant la Cour supérieure du Québec demande la suspension de l’application de l’article 10 du projet de loi

(Montréal – 7 novembre 2017) Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) et l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), deux éminentes organisations de défense des droits et des libertés civiles, ont déposé aujourd’hui une action en justice devant la Cour supérieure du Québec afin de contester la constitutionnalité du projet de loi n° 62.

Le 18 octobre 2017, l’Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi n° 62, Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État et visant notamment à encadrer les demandes d’accommodements pour un motif religieux dans certains organismes (la « Loi »).

Cette action en justice vise à obtenir une ordonnance judiciaire suspendant l’application de l’article 10 de la nouvelle loi, qui exige que les personnes découvrent leur visage pour pouvoir bénéficier de services publics de base, notamment les soins de santé, l’aide sociale et les transports en commun. Cette exigence touche directement et presque exclusivement les femmes musulmanes qui se couvrent le visage conformément à leurs sincères convictions religieuses.

La contestation judiciaire du projet de loi n° 62 désigne le CNMC, l’ACLC et Marie-Michelle Lacoste, une femme musulmane québécoise qui porte le niqab, comme étant les codemandeurs à l’origine de l’action en justice.

« Dans le climat politique actuel, cette loi encouragera la xénophobie, l’humiliation publique et le harcèlement des femmes qui portent le niqab. Cela affectera certainement aussi les femmes musulmanes, les enfants et les autres membres de la communauté. C’est exactement le genre de conséquences que l’ACLC s’efforce d’atténuer et d’éviter grâce à ses activités de défense des droits à l’échelle du pays », déclare la directrice exécutive par intérim de l’ACLC, Noa Mendelsohn Aviv.

« En engageant cette action en justice, le CNMC cherche à protéger les droits et libertés fondamentaux d’une catégorie de femmes vulnérables et stigmatisées. Comme le soulignent depuis longtemps les critiques au Québec et à l’extérieur de la province, cette minorité, ainsi que la communauté musulmane dans son ensemble, continuent d’être utilisées à des fins politiques en vue de réaliser des gains électoraux », déclare le directeur exécutif du CNMC, Ihsaan Gardee.

« Sous le couvert de la laïcité de l’État, cette mesure législative inutile encourage l’islamophobie et une politique identitaire néfaste au Québec, ce qui conduit à une marginalisation accrue des musulmans québécois, dont beaucoup se sentent déjà assiégés », affirme Gardee.

Les demandeurs sont représentés par l’éminent cabinet d’avocats IMK LLP, spécialisé dans le contentieux, à Montréal.

L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) est une organisation nationale non partisane et à but non lucratif qui œuvre à la protection des droits et libertés de tous les Canadiens. Sa mission consiste à promouvoir le respect et l’application des droits humains fondamentaux et des libertés civiles, ainsi qu’à défendre, étendre et promouvoir la reconnaissance de ces droits et libertés.

Le Conseil national des musulmans canadiens est un organisme communautaire indépendant, neutre et à but non lucratif qui figure parmi les principaux porte-parole de l’engagement civique des musulmans et de la promotion des droits de la personne.

PERSONNES-RESSOURCES :


, coordinatrice des affaires publiques du CNMC au Québec, 514-371-2888
Audrey Boctor, membre du Conseil de l’ACLC, 514-934-7737

Anglais
Ihsaan Gardee, directeur exécutif du CNMC, 613-853-4111
Cara Zwibel, avocate générale par intérim de l’ACLC, 416-319-2328

L’avocate des plaignants
Catherine McKenzie, IMK LLP, 514-935-4460

À propos de l'Association canadienne des libertés civiles

L’ACLC est une organisation indépendante à but non lucratif qui compte des sympathisants dans tout le pays. Fondée en 1964, l’ACLC est une organisation nationale de défense des droits de l’homme qui s’engage à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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