C’est aujourd’hui le premier des quatre jours d’audience devant la Cour suprême du Canada, où l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et d’autres appelants ont présenté leurs arguments pour contester la Loi 21 et préconiser l’imposition de sérieuses limitations au recours à la clause dérogatoire.

Les avocats des six appelants ont fait valoir des arguments convaincants en défaveur de la protection de la Loi 21 par l’utilisation de la clause dérogatoire par le Québec. Ils ont avancé que cette loi est contraire à l’architecture de la Constitution du Canada et porte atteinte aux protections prévues par la Charte — y compris aux droits des minorités linguistiques et aux droits démocratiques — que la clause dérogatoire ne peut pas outrepasser.

Me David Grossman, avocat pro bono de l’ACLC, du CNMC et de Mme Hak, a averti la Cour que l’utilisation sans restriction de la clause de dérogation pourrait permettre à un gouvernement détenant une majorité simple de modifier la Constitution de manière sournoise. Il a soutenu que c’est précisément ce que la Loi 21 fait en allant à l’encontre d’un principe constitutionnel fondamental : la participation à la fonction publique doit demeurer ouverte aux personnes de tous les horizons — un principe qui prédate même la Confédération et qui est fondamental pour une société libre et démocratique.

Me Olga Redko, avocate pro bono de l’ACLC, du CNMC et de Mme Hak, a également soutenu que le Québec n’avait pas la compétence voulue pour adopter les dispositions de la Loi 21 qui interdisent aux fonctionnaires le port de symboles religieux. Elle a fait valoir que ces dispositions relèvent du pouvoir fédéral en matière de droit criminel parce qu’elles visent à faire appliquer un code moral d’État au moyen d’interdictions assorties de sanctions.

L’ACLC est infiniment reconnaissante à Me Olga Redko, Me David Grossman et Me Marie-Hélène Lyonnais, du cabinet IMK, pour leur excellente représentation pro bono dans cette affaire

Les auditions se poursuivent demain.

Écrit par Henrique Oliveira

À propos de l'Association canadienne des libertés civiles

L’ACLC est une organisation indépendante à but non lucratif qui compte des sympathisants dans tout le pays. Fondée en 1964, l’ACLC est une organisation nationale de défense des droits de l’homme qui s’engage à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

À l'attention des médias

Pour toute remarque complémentaire, veuillez nous contacter à l’adresse suivante : media@ACLC.org.

Pour suivre l'actualité en direct

N’hésitez pas à consulter régulièrement cette page ainsi que nos réseaux sociaux. Vous pouvez nous retrouver sur Instagram, Facebook, Twitter et Blue Sky.

Faire un don