Montréal, le 28 septembre 2026 — En cette période électorale, l’Observatoire des inégalités raciales au Québec (OIRQ), l’Observatoire pour la justice migrante (OPLJM), la Fédération des femmes du Québec (FFQ), la Ligue des droits et libertés (LDL), l’Équipe Inclusion et diversité ethnoculturelle en éducation (IDEÉ) et l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) ont corédigé une déclaration dénonçant l’instrumentalisation de la laïcité par le gouvernement sortant.
Les 146 organisations et 1937 individu·es ayant endossé cette déclaration à ce jour y affirment leur attachement à la laïcité de l’État, à l’égalité des genres et aux droits humains. Les signataires refusent toutefois que la laïcité soit détournée par le gouvernement pour exclure des Québécoises et des Québécois de pans entiers de la vie publique, au premier chef les femmes musulmanes portant un signe religieux.
Les signataires rappellent que les lois 21, 94 et 9 ont notamment fait perdre leur emploi à plusieurs travailleuses, fermé l’accès à certaines professions à des personnes étudiantes et empêché des parents de s’impliquer dans l’école de leurs enfants. Ces lois ont aussi aggravé une pénurie de main-d’œuvre déjà criante dans les réseaux de l’éducation et de la petite enfance, pénalisant l’ensemble de la population ainsi que les générations futures.
Les signataires réclament que les chef·fes de tous les partis politiques s’engagent à promouvoir une conception de la laïcité respectueuse des droits humains et à abroger les lois 21, 94 et 9 si leur parti forme le prochain gouvernement.
Citations :
« En écartant les femmes musulmanes portant un signe religieux de pans entiers de la vie publique, le gouvernement sortant a détourné le concept de laïcité pour en faire un outil d’exclusion. Les chef·fes de tous les partis politiques devraient se dissocier de cet héritage honteux en s’engageant à promouvoir une conception de la laïcité respectueuse des droits humains et à abroger les lois 21, 94 et 9. » a déclaré Anaïs Bussières McNicoll, porte-parole Québec et directrice des Libertés fondamentales à l’ACLC.
« Le gouvernement sortant a engagé le Québec sur une pente ethnonationaliste, instrumentalisant l’égalité de genre et la laïcité à des fins d’exclusion. Cette logique cible d’abord les personnes im-migrantes, et plus particulièrement les femmes musulmanes. Il y a une contradiction flagrante à recruter dans des pays francophones à majorité musulmane pour combler des emplois du “care” mal payés, et à leur fermer la porte de l’emploi une fois ici. Nous demandons au gouvernement qui sera élu de s’engager à respecter les droits fondamentaux inscrits dans les chartes québécoise et canadienne, et d’abroger ces lois. » a demandé Amel Zaazaa, Directrice de l’Observatoire pour la justice migrante.
« Au-delà des programmes scolaires, l’école participe à la socialisation des élèves en leur apprenant le vivre-ensemble, la participation citoyenne et la démocratie. Comment l’école peut-elle répondre à sa mission lorsque le gouvernement lui impose de traiter différemment les personnes en fonction de leur religion, de leur langue ou de leur genre ? Le prochain gouvernement doit faire marche arrière pour que l’école québécoise soit un lieu d’inclusion et non d’exclusion. » ont déclaré les chercheuses de l’Équipe Inclusion et diversité ethnoculturelle en éducation (IDEÉ).
« Quand un gouvernement fait du choix des femmes musulmanes de porter un signe religieux une affaire d’État, il envoie un message à toute la société : leur corps et leurs convictions deviennent des objets légitimes de contrôle et de suspicion. En instrumentalisant la laïcité, le gouvernement sortant a nourri un climat social nocif où la misogynie et l’islamophobie s’alimentent l’une l’autre, et ce sont ces femmes qui en paient le prix au quotidien. Une lecture féministe intersectionnelle ne laisse aucun doute : on ne peut prétendre défendre l’égalité des femmes en en excluant certaines », a déclaré Sara Arsenault, responsable des dossiers politiques à la Fédération des femmes du Québec.
« Les lois adoptées par le gouvernement depuis 2019 nous écartent de la véritable laïcité. Elles ne garantissent ni la liberté de culte et de religion, ni la neutralité religieuse de l’État. Bien au contraire! Protégées des contestations par les clauses de dérogation, elles bafouent ouvertement plusieurs droits reconnus dans les chartes et le droit international. Elles ciblent et discriminent de manière disproportionnée certaines communautés non-catholiques, et en particulier les femmes de confession musulmane. Dans le contexte électoral, il est urgent d’exiger des partis qu’ils s’engagent à abroger ces lois discriminatoires et à défendre une vision inclusive de laïcité fondée sur le respect des droits de l’ensemble de la population québécoise. », Paul-Etienne Rainville, responsable de dossiers politiques, Ligue des droits et libertés.
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Informations additionnelles :
De plus amples informations au sujet de la Coalition contre l’instrumentalisation de la laïcité, la déclaration de la société civile, le contexte et les effets documentés des lois 21, 94 et 9 sont disponibles ici.
Contacts médias :
Observatory for Migrant Justice (OPLJM)
Observatoire pour la justice migrante (OPLJM)
Amel Zaazaa, Cofondatrice et directrice générale, amel.zaazaa@opljm.org
Observatoire des inégalités raciales au Québec (OIRQ)
Safa Chebbi, Fondatrice et coordonnatrice générale, contact.oirq@gmail.com
Équipe Inclusion et Diversité Ethnoculturelle en Éducation (IDEÉ)
Julie Larochelle-Audet, Professeure, Faculté des sciences de l’éducation, Université de Montréal, julie.larochelle-audet@umontreal.ca
Fédération des femmes du Québec (FFQ)
Isabelle Rodrigue, Responsable des communications, communication@ffq.qc.ca
Ligue des droits et libertés (LDL)
Claude Rioux, Responsable des communications, communication@liguedesdroits.ca
Association canadienne des libertés civiles (ACLC)
Alex Nanoff, Responsable des communications, media@ccla.org



