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27 mai 2020

« Les pouvoirs juridiques en eux-mêmes sont de faux espoirs en temps de crise publique. » 

-Hon. Archie Campbell, Commission du SRAS, 2007.

Il existe deux types de lois sur la gestion des urgences : celles qui après une crise est terminée, et ceux qui ont légiféré au milieu de la crise elle-même.  Les autorités ont fait le premier après la crise d'octobre de 1970. La Colombie-Britannique était en train de mettre à jour sa législation de 1993 avant COVID, et Ontario aussi mis à jour leurs lois d'urgence, plusieurs fois après le SRAS, entre 2006 et 2019.   

On assiste, aujourd'hui, au Canada, à l'autre genre.  Alberta et Manitoba l'a fait le mois dernier, alors Terre-Neuve et maintenant l'Île-du-Prince-Édouard ont mis en ligne leur propre projet de loi sur la gestion des urgences.   

Cette problème de légiférer pendant une crise, lorsque cette législation implique la création de nouveaux pouvoirs gouvernementaux, c'est que tout finit par ressembler à la célèbre Patriot Act américain. En d'autres termes, c'est toujours une mauvaise nouvelle pour vos droits humains.  Les gouvernements s'arrogent de nouveaux pouvoirs pour porter atteinte aux droits individuels au nom de la crise ; les plus vulnérables paient toujours le plus lourd tribut, et l'histoire n'enregistre que des regrets.   L'égalité, la liberté d'expression, une procédure régulière et la liberté passent tous au second plan par rapport à la volonté collective de repousser un agrandi ennemi, qu'il soit humain ou viral. C'est comme changer les règles au milieu des séries éliminatoires – ce n'est jamais une bonne idée.

Ceci pour plusieurs raisons, mais la plus évidente est que les gouvernements rédiger un tel projet de loi le faire avec des informations terriblement inadéquates, et sous d'énormes pressions personnelles et politiques. Ils sont littéralement dans l'œil du cyclone, et cela affecte évidemment tout dans la législation.  L'information se révèle être incomplet et Incorrect. Si l'Ontario avait rédigé un Nouveau loi en mars, par exemple, les masques chirurgicaux auraient été interdits pour tous, sauf pour les travailleurs de la santé. Le papier toilette aurait été rationné, par la loi. Aujourd'hui, tout est différent, le gouvernement a donc été intelligent de ne pas modifier ses lois. 

Outre le déficit d'information, il y a une déficit de sagesse.  Les lois sont rédigés par des êtres humains, après toutqui sont extrêmement inquiets de la crise qu'ils essaient de gérer, en tant que gouverneurs démocrates. C'est ce qu'on appelle le « brouillard de la guerre », un terme inventé par Robert McNamara, comme une autocritique de ce que lui et deux présidents ont fait pour mal gérer la guerre du Vietnam.   

La sagesse exige du temps et de la perspective ; sérénité et patience; intelligence et débat.  Le brouillard de la guerre enveloppes les législateurs avec peur et l'incertitude. La législation, en revanche, exige de la certitude. Si c'est brumeux ou vague, alors c'est une mauvaise loi, susceptible d'un contrôle judiciaire par intérêt public organisations comme la nôtre, l'Association canadienne des libertés civiles.  Sachant cela, les gouvernements rédigent des lois avec une certitude absolue, même si elles sont basées sur des faits flous.   

Ensuite, les projets de loi du gouvernement vont à l'Assemblée législative, où ils sont censés être amélioré par le débat démocratique, la dissidence et un examen minutieux.  Maintenant, que pensez-vous qu'il arrive à tel débat en situation d'urgence?  Imaginez que vous êtes dans votre cuisine, en famille et amis, débattre de ce qu'il faut faire à propos de la fumée flairer c'est partout mais ne sort pas du four. Dans quelle mesure ce débat est-il sain ?  

Ce genre de pensée éloigne l'homo sapiens du danger. Mais ça ne fait pas de bien légiférer.  Il s'est avéré que j'étais un Ontario Député et ministre du Cabinet en 2006 lorsque le gouvernement libéral a suivi la recommandations de la Commission SRAS d'Archie Campbell. Il a été appelé par le premier ministre Ernie les veilles en 2003 après L'Ontario a traversé le SRAS sans aucun pouvoir juridique d'urgence explicite. Donc Ontario plus tard mis à jour ces lois dans l'état où elles se trouvent aujourd'hui - toujours imparfaites, manquant de la capacité de prévoir ce qui est nécessaire pour COVID, mais ayant tiré les leçons du passé. Le débat n'a pas été précipité et a inclus des amendements proposés par le NPD et les conservateurs.  Le fait est que cela n'a pas été fait dans le brouillard d'une crise, mais avec le luxe fortuit du temps pour y réfléchir, débattre et amender les lois au meilleur des cas une pourrait.   

Les chances d'un débat démocratique sain en période de crise sont pratiquement nulles – en particulier aujourd'hui où les législatures ont une fraction de ses membres siégeant, afin de créer une saine distance physique entre les élus. La dissidence ou, Dieu nous en préserve, retarder l'adoption d'un tel projet de loi est une trahison.  Mieux vaut que les gouvernements gouvernent avec les pouvoirs dont ils disposaient au début d'une crise, que de remanier les lois de gestion des urgences dans le brouillard. Sinon, la loi est plus motivée par la peur que par les faits, et l'histoire prouve que ce n'est rien de moins qu'une prise de pouvoir par des politiciens avides de plus de pouvoir pour faire le bien, alors qu'en fait les pouvoirs légaux ne sont que de faux espoirs, en temps de crise publique. 

Par Michael Bryant, directeur général de l'Association canadienne des libertés civiles et 35e procureur général de l'Ontario. 

À propos de l’association canadienne sur les libertés civiles

L’ACLC est un organisme indépendant à but non lucratif qui compte des sympathisant.e.s dans tout le pays. Fondé en 1964, c’est un organisme qui œuvre à l’échelle du Canada à la protection des droits et des libertés civiles de toute sa population.

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