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L'un des éléments les plus insidieux du projet de loi C-59 est la façon dont il facilite la collecte en vrac et la surveillance de masse sans utiliser ces termes. Le C-59 envisage deux cadres distincts mais liés pour la collecte de renseignements : un pour le SCRS et un pour le CST. Les deux permettent l'accumulation et l'analyse non ciblées et quasi illimitées de millions de données, la définition même de la collecte en masse et de la surveillance de masse.

Des changements au Loi sur le SCRS créer un cadre complexe pour la collecte, l'utilisation, la conservation, l'analyse et la gestion des « ensembles de données », avec certaines garanties, notamment l'exigence d'une approbation ministérielle et judiciaire pour certains types de données canadiennes. Cependant, l'une des parties les plus troublantes des nouvelles dispositions relatives aux ensembles de données est une exception aux protections générales des ensembles de données concernant principalement les Canadiens ou les personnes au Canada : si les données sont considérées comme « disponibles publiquement », alors leur collecte est équitable, sans mandat. Dans certains cas, cette collecte doit être « strictement nécessaire » — mais dans d'autres, elle doit seulement être jugée « pertinente » aux devoirs et fonctions du SCRS. Le terme « ensemble de données accessibles au public » est un terme défini de manière quelque peu circulaire dans la Loi, ce qui donne au SCRS une très large occasion de s'engager dans la collecte inutile et disproportionnée de renseignements sur des individus innocents.

La rétention est un tout autre problème. Dans un récent Tribunal fédéral Dans cette affaire, le SCRS a été reconnu coupable d'avoir gardé illégalement des renseignements sur des milliers de Canadiens innocents longtemps après que cela était nécessaire, et d'avoir manqué à son obligation de franchise envers la Cour en retenant ce fait. Les dispositions sur les ensembles de données dans C-59 semblent rendre exactement ce type de collecte et de conservation de données légal.

Cette Loi sur le CST les changements sont complexes. D'une part, le CST est tenu d'agir de manière proportionnée (et sous réserve de l'approbation du ministre et du commissaire au renseignement nouvellement créé) dans bon nombre de ses pratiques de collecte d'informations. D'autre part, le Loi sur le CST semble considérer l'acquisition en masse de données - « non sélectionnées » dans la terminologie du Acte— aussi raisonnables et proportionnés que si ces activités ne sont pas dirigées contre des Canadiens et des personnes au Canada. Ce mépris de la vie privée de tous les non-Canadiens à l'étranger est incompatible avec le droit international des droits de la personne. Les Loi sur le CSTLes tentatives de protéger la vie privée des Canadiens ne sont pas non plus une raison de rassurer. Le nouveau régime laisse intacte la capacité de l'Établissement de recueillir et d'utiliser des données canadiennes tant que ses activités sont « dirigées » ailleurs, et cette protection ne s'applique qu'à deux des cinq mandats proposés par le CST. La capacité du CST à recueillir des millions de points de données sur les Canadiens sous ce genre de régime est déjà bien documentée, en particulier à la suite des révélations de Snowden.

Plus préoccupant encore, le Loi sur le CST introduit de nouvelles exceptions qui permettent à l'agence de percevoir même Suite données canadiennes. Tout comme les dispositions sur les ensembles de données de la Loi sur le SCRS, la nouvelle Loi sur le CST créerait également une exception lui permettant de diriger ses activités vers les Canadiens ou les personnes au Canada en ce qui concerne la collecte de « renseignements accessibles au public ». La portée de ces informations est largement définie, y compris les informations « qui ont été publiées ou diffusées pour la consommation publique, sont accessibles au public sur l'infrastructure mondiale de l'information ou autrement ou sont disponibles au public sur demande, par abonnement ou par achat ». Pour une agence qui n'est pas censée diriger ses activités vers les Canadiens ou les personnes au Canada pour commencer, la création d'une exception qui facilite la collecte de chaque élément d'information canadienne en ligne qui peut être trouvé, demandé ou acheté (dans presque n'importe quel format , de presque n'importe quelle source, à travers tous les aspects de l'infrastructure mondiale de l'information) est profondément troublant.

Le gouvernement fédéral n'a pas encore fait valoir que ce type de pratiques de collecte de données en masse est soit nécessaire, soit proportionné, et l'expérience nous a appris qu'en matière de terrorisme et de sécurité nationale, de plus grosses meules de foin ne sont pas synonymes de meilleurs aimants pour localiser cette épingle embêtante. De plus, l'ACLC craint que l'inclusion d'informations disponibles « par achat » dans la définition de « accessible au public » puisse encourager la création de marchés gris douteux pour les données ou établir des incitations problématiques pour rendre plus d'informations personnelles sur les Canadiens et les personnes au Canada achetables dans le première place.

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