TORONTO - Les récents changements annoncés par le Comité international olympique (CIO) marquent une rupture significative avec les engagements déclarés du Mouvement olympique en faveur de la dignité, de l'inclusion et des droits de l'homme. Le Charte olympique affirme que "la pratique du sport est un droit de l'homme". Le nouveau cadre d'éligibilité du CIO concernant les personnes autorisées à participer aux sports féminins est fondamentalement en contradiction avec ce principe.
L'introduction de nouvelles règles limitant la participation aux catégories sportives féminines aux "femmes biologiques", déterminées par un dépistage et des tests génétiques obligatoires, impose des critères d'exclusion. Non seulement ces mesures empêchent les femmes transgenres de participer aux compétitions, mais elles ciblent et disqualifient également les femmes cisgenres présentant des différences de développement sexuel.
Cette politique s'appliquera aux Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles et au-delà, malgré l'absence de preuve évidente que des femmes transgenres étaient prêtes à participer à ces Jeux. L'approche du CIO s'aligne sur le décret du gouvernement américain de 2025 intitulé "Keeping Men Out of Women's Sports" (empêcher les hommes de participer aux sports féminins), qui menaçait de retirer leur financement aux organisations permettant aux athlètes transgenres de concourir et de refuser des visas à certains athlètes cherchant à participer aux Jeux olympiques de Los Angeles. La convergence de la gouvernance internationale du sport et de la politique d'exclusion des États suscite de vives inquiétudes quant à la politisation de la participation sportive et à l'érosion d'une gouvernance indépendante et respectueuse des droits.
"Bien qu'elle soit présentée comme une mesure visant à garantir l'équité, cette politique impose des critères d'exclusion qui nuiront de manière disproportionnée aux femmes transgenres et mettront également en danger les femmes cisgenres, en particulier celles qui présentent des variations biologiques naturelles", déclare Aaden Pearson, responsable juridique des droits des personnes transgenres à l'Association canadienne des libertés civiles. La politique autorise un examen intrusif du corps des femmes et affirme son autorité sur qui peut participer en tant que "vraie" femme sous le couvert d'une réglementation.
Cette politique aura un impact négatif sur les athlètes canadiens qui pourraient être empêchés de participer aux Jeux olympiques à cause de cette politique, alors qu'ils auraient pu se qualifier pour représenter le Canada.
Une approche du sport respectueuse des droits doit être fondée sur l'inclusion, l'évidence et la proportionnalité. L'équité et la dignité humaine ne s'excluent pas mutuellement. La légitimité du sport dépend de la capacité de tous les athlètes à participer sans discrimination.
L'ACLC appelle le CIO et les organismes sportifs nationaux à.. :
- Reconsidérer immédiatement la mise en œuvre de ces règles d'éligibilité ;
- Veiller à ce que les politiques régissant la participation au sport soient fondées sur des données probantes, proportionnées et conformes aux obligations internationales en matière de droits de l'homme ; et
- Défendre le principe selon lequel le sport doit être accessible à tous, sans discrimination.
La légitimité du sport dépend non seulement de l'équité dans la compétition, mais aussi de l'équité dans l'accès. Les politiques qui excluent, surveillent et stigmatisent les athlètes n'ont pas leur place dans un système sportif respectueux des droits.
À propos de l’association canadienne sur les libertés civiles
L’ACLC est un organisme indépendant à but non lucratif qui compte des sympathisant.e.s dans tout le pays. Fondé en 1964, c’est un organisme qui œuvre à l’échelle du Canada à la protection des droits et des libertés civiles de toute sa population.
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