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Avez-vous entendu parler de la biométrie et vous êtes-vous demandé ce qu'elle est ou comment elle est utilisée ? Ce bref résumé fournira un point de départ pour aider à comprendre pourquoi la biométrie est de plus en plus mentionnée dans les conversations sur l'identification et la sécurité.

Étant donné que la section Apprendre de TalkRights présente du contenu produit par des bénévoles de l'ACLC et des entretiens avec des experts dans leurs propres mots, les opinions exprimées ici ne représentent pas nécessairement les propres politiques ou positions de l'ACLC. Pour les publications officielles, les rapports clés, les prises de position, la documentation juridique et les dernières nouvelles sur le travail de l'ACLC consultez la section In Focus de notre site Web.

 

Qu'est-ce qu'une biométrie ?

Une biométrie, ou biométrie, sont des caractéristiques biologiques (généralement anatomiques et physiologiques) et comportementales qui peuvent être mesurées et utilisées pour la reconnaissance. La biométrie est couramment utilisée comme méthode automatisée d'identification des individus en fonction de caractéristiques mesurables.

 

Quels types de biométrie existe-t-il ?

La biométrie couvre un large éventail de caractéristiques spécifiques à chaque personne, notamment : les empreintes digitales, la géométrie de la main, la reconnaissance vocale, les mesures du visage, les analyses d'iris et l'ADN. La raison pour laquelle ces caractéristiques sont utilisées pour la biométrie est la simple raison qu'elles sont toutes uniques à chaque individu, généralement déterminées par la constitution génétique unique de chaque personne. En conséquence, deux personnes n'auront pas les mêmes empreintes digitales, dimensions de visage ou ADN, ce qui permet de distinguer facilement les individus les uns des autres ou d'identifier des personnes spécifiques à partir d'une base de données.

Toutes ces formes de biométrie sont à divers stades de développement. La dactyloscopie, ou identification des empreintes digitales, remonte à plus d'un siècle, tandis que les scans de l'iris et l'identification de l'ADN sont des introductions beaucoup plus récentes au processus d'identification biométrique.

 

Comment et où la biométrie est-elle collectée et utilisée ?

L'iris, le visage, l'ADN et même les empreintes digitales nécessitent des méthodes sophistiquées de différenciation et d'identification, car une personne ne peut pas différencier et identifier l'iris ou l'ADN de quelqu'un simplement en le regardant. La biométrie est généralement utilisée à des fins de sécurité et d'identification, et est utilisée pour restreindre l'accès à des emplacements physiques et à des informations, ou pour déterminer la présence d'un individu dans une base de données. Les empreintes digitales, une forme courante de biométrie, sont utilisées par les forces de l'ordre lors de la constitution d'une base de données sur les délinquants criminels.

Les données biométriques sont généralement collectées à l'aide de capteurs. Des capteurs sous forme de scanners peuvent prendre les empreintes digitales, des caméras sophistiquées peuvent être utilisées pour la reconnaissance faciale et les téléphones peuvent être utilisés pour la reconnaissance vocale. La technologie biométrique est actuellement utilisée par les forces de l'ordre, dans les aéroports et même sur le lieu de travail. La biométrie est même utilisée dans les parcs thématiques de Disney World pour accélérer le processus d'entrée dans ses parcs par les détenteurs d'un abonnement de saison.

Au Canada, l'identification biométrique est utilisée par certains de ses organismes depuis un certain temps. Le Canada a recueilli les empreintes digitales des demandeurs d'asile, des détenus et des personnes dont l'expulsion a été ordonnée du Canada. L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) recueille les empreintes digitales des détenus et des personnes visées par une mesure de renvoi du Canada depuis 1993.

Depuis 2006, la prise d'empreintes digitales et l'analyse de l'iris sont obligatoires pour le personnel de l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien qui travaille dans les zones sécurisées des aéroports. Des « programmes pour voyageurs dignes de confiance » tels que NEXUS et CANPASS sont offerts par l'ASFC depuis un certain nombre d'années. Ces programmes collectent et stockent les données biométriques des voyageurs telles que les scans d'iris pour confirmer l'identité des « voyageurs à faible risque ».

Depuis 2013, le « Projet de biométrie des résidents temporaires » (Citoyenneté et Immigration Canada) exige que certains ressortissants étrangers donnent leurs empreintes digitales et des photographies avec leurs demandes d'entrée au Canada.

Aux États-Unis, la police collecte activement des données biométriques au travail avec des dispositifs tels que le « Mobile Offender Recognition and Information System » (MORIS). MORIS est une application pour smartphone qui collecte les empreintes digitales et les scans d'iris. Ces dernières années, le Federal Bureau of Investigation (FBI) des États-Unis a développé ce qu'il appelle la base de données « Next Generation Identification » qui contient des empreintes digitales, des empreintes palmaires, des scans d'iris, des données vocales et des photographies.

Les smartphones ont également commencé à intégrer la technologie biométrique. L'iPhone d'Apple, par exemple, a désormais la capacité de stocker l'empreinte digitale d'un utilisateur pour accéder au smartphone au lieu d'utiliser un mot de passe.

 

La biométrie est-elle précise ?

L'identification biométrique est considérée comme précise, mais les taux d'exactitude varient en fonction de la biométrie particulière et des moyens de collecte de données. La précision biométrique est encore renforcée lorsqu'un certain nombre de méthodes d'identification biométrique sont utilisées en tandem, ce qui réduit considérablement la marge d'erreur. Cela étant dit, il est possible qu'une erreur se produise ou qu'une personne ne corresponde pas à quelqu'un d'autre. La reconnaissance faciale, par exemple, peut être compliquée par des choses simples comme le port d'un chapeau ou l'utilisation de lunettes. Et bien que la probabilité soit faible, les conséquences de faux négatifs (lorsqu'une identification correcte ne parvient pas à être faite) ou de faux positifs (lorsqu'un individu est faussement identifié comme quelqu'un d'autre, par exemple sur une liste d'interdiction de vol ou une liste de surveillance), peut être sévère pour les individus.

Il y a des cas où la biométrie peut être rendue inexacte. L'une des rares fois où la précision biométrique peut être affectée négativement est dans le processus biométrique lui-même, c'est-à-dire non pas en raison du trait de la personne, mais de la manière dont il est collecté et stocké. Une erreur dans le processus de prise d'empreintes digitales ou lors d'un scan de l'iris peut potentiellement rendre la collecte de ces données inutile. Ces types d'erreurs de collecte peuvent être réduits par un équipement amélioré, des pratiques de collecte améliorées et des agents de collecte bien formés. Ainsi, les erreurs peuvent être réduites grâce à l'utilisation d'imprimantes digitales expertes, en collectant les empreintes d'un plus grand nombre de doigts, ou par une collecte automatisée (informatisée) grâce à l'utilisation de scanners.

 

La biométrie présente-t-elle des risques pour la vie privée ?

La biométrie présente très certainement des risques potentiellement dommageables pour la vie privée. La collecte et le stockage de données identifiables individuellement, combinés aux nouvelles technologies, présentent de nouveaux défis à mesure que des questions se posent concernant l'état de la vie privée à l'ère moderne de la surveillance. La biométrie peut être très utile contre le vol d'identité, la fraude, le terrorisme et d'autres crimes, mais les problèmes potentiels qui découlent de la collecte et de l'utilisation de la biométrie sont préoccupants.

Le "Domain Awareness System" à New York est un réseau de plus de 3000 caméras de surveillance dans toute la ville. Le système peut être utilisé par les forces de l'ordre pour revenir en arrière et visualiser les enregistrements en cas de crime, un outil utile dans les poursuites pénales. Lorsqu'il est combiné à la technologie de reconnaissance faciale, le caractère du système change radicalement. La routine quotidienne de chaque personne enregistrée sur ces caméras de surveillance peut être suivie physiquement et leurs identifiants biométriques stockés à leur insu ou sans leur consentement.

Avec les scans de l'iris, le consentement est essentiellement inévitable car pour scanner l'iris d'un individu, le scan doit être effectué à très près. Une technologie en cours de développement sera capable de récupérer des scans d'iris dans une foule à une distance de 10 mètres. Cette évolution soulèvera d'autres questions sur la confidentialité et le consentement, et sur la quantité de vos informations personnelles accessibles aux regards indiscrets. Avec une caméra capable de scanner l'iris d'une personne à 10 mètres de distance, il n'y a plus de barrière physique obligeant le scanner à demander le consentement.

Chaque fois que les données sont considérées comme suffisamment précieuses pour être collectées et stockées, des menaces pèsent sur leur sécurité et leur intégrité. La biométrie implique des données très uniques et personnelles (qui ne peuvent pas être modifiées) qui identifient chaque individu. Si les informations stockées dans un fichier numérique étaient consultées et utilisées de manière malveillante, les résultats pourraient être dévastateurs. Ces problèmes ajoutent une nouvelle dimension aux préoccupations concernant le vol d'identité, puisque vos identifiants biométriques ne peuvent pas être réémis ou remplacés.

En réponse à l'utilisation accrue des données biométriques dans la vie quotidienne, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada (CPVP) fait un certain nombre de recommandations concernant la collecte et l'utilisation biométriques. Parmi ses propositions, l'OPC recommande que :

  • Des résumés des données biométriques sont enregistrés plutôt que des images afin d'empêcher l'utilisation de données biométriques à des fins non autorisées
  • Les données biométriques doivent être stockées localement plutôt que dans des bases de données centrales afin de réduire le risque de perte de données et le croisement inapproprié des données entre les systèmes
  • L'utilisation de données biométriques pour authentifier l'identité des individus plutôt que l'utilisation de la biométrie pour identifier les individus. L'authentification implique une correspondance « un à un » avec un ensemble de données biométriques plutôt que l'utilisation d'un échantillon avec tous les enregistrements d'une base de données.

 

Liens de ressources pour plus d'informations :

Scientifique américain (2013). "La sécurité biométrique pose d'énormes risques pour la vie privée."

Fondation de la frontière électronique. « Biométrie » 

Sous-comité sur la biométrie, Conseil national des États-Unis pour la science et la technologie. « Foire aux questions sur la biométrie ». 

Commissariat à la protection de la vie privée du Canada. (2013). Reconnaissance faciale automatisée dans les secteurs public et privé. 

Voir aussi notre TalkRights post répertoriant les articles de presse et les ressources académiques pour en savoir plus sur la façon dont la biométrie est discutée au Canada et ailleurs.

À propos de l'Association canadienne des libertés civiles

L'ACLC est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, l'ACLC est une organisation nationale de défense des droits de la personne engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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