Harini Sivalingam, directeur de l'égalité à l'Association canadienne des libertés civiles, a fait la déclaration suivante lors d'une conférence de presse sur le nombre croissant de conseils scolaires sous tutelle ministérielle en Ontario :
L'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) est profondément préoccupée par la prise de contrôle antidémocratique des conseils scolaires élus au niveau local par le gouvernement de l'Ontario.
Avec la récente décision d'écarter le conseil scolaire élu du district de Peel, sept conseils* sont désormais sous le contrôle direct de la province.
Le York Catholic District School Board a également été mis en demeure, ce qui laisse présager d'autres prises de contrôle et une nouvelle érosion de la gouvernance démocratique locale.
Cette consolidation radicale du pouvoir touche au cœur de la démocratie locale.
En supprimant les administrateurs démocratiquement élus et en les remplaçant par des superviseurs nommés par la province, le gouvernement a supprimé un niveau essentiel de responsabilité publique dans l'enseignement public.
Collectivement, ces conseils desservent plus de sept cent dix-huit mille (718 000) élèves, soit près de 35 % de la population étudiante financée par les fonds publics de l'Ontario.
Des décisions affectant des centaines de milliers d'étudiants et de familles sont désormais prises sans représentation locale digne de ce nom.
Bon nombre des conseils concernés desservent des communautés parmi les plus diversifiées de la province sur le plan racial.
Les conseils scolaires locaux sont l'une des rares institutions démocratiques où les communautés peuvent directement influencer la politique de l'éducation et veiller à ce que les décisions reflètent les expériences vécues.
L'éducation publique est la pierre angulaire d'une société démocratique.
La responsabilité démocratique dans le domaine de l'éducation signifie que les personnes les plus touchées par les décisions ont un droit de regard réel et respecté sur la manière dont elles sont prises.
Lorsque les gouvernements écartent les voix des élus locaux, ils sapent les principes démocratiques, déstabilisent les systèmes éducatifs et réduisent au silence les communautés que les écoles sont censées servir.
Ces actions nuisent à l'environnement d'apprentissage des élèves et perturbent les conditions de travail des enseignants, des administrateurs et des travailleurs du secteur de l'éducation.
L'ACLC demande au gouvernement de l'Ontario de veiller à ce que la gouvernance démocratique soit rapidement rétablie dans les conseils scolaires concernés et que la province s'engage de manière significative avec les élèves, les familles et les communautés dont les voix ont été exclues.
*L'Ontario a déjà pris le contrôle du Toronto District School Board, du Toronto Catholic District School Board, du Ottawa-Carleton District School Board, du Dufferin-Peel Catholic District School Board, du Thames Valley District School Board et du Near North District School Board.
Voir la conférence de presse ici.
Participants à la conférence de presse :
Carter Peiros, président de l'Association des élèves administrateurs de l'Ontario
Ahnaaf Hassan, élève de 12e année à la RH King Academy TDSB Student Trustee
David Mastin, Président, Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario
Martha Hradowy, Présidente, Fédération des enseignants du secondaire de l'Ontario
Harini Sivalingam, directeur de l'égalité, Association canadienne des libertés civiles
À propos de l’association canadienne sur les libertés civiles
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