Toronto doit défendre les sans-abri

le dossier

La crise des sans-abri à Toronto est vieille de plusieurs décennies - et les récentes mesures prises par la province de l'Ontario et la ville de Toronto pour lutter contre le coronavirus ont malheureusement aggravé la situation. 

Les conditions de surpeuplement dans les centres pour sans-abri de Toronto ont créé une crise humanitaire qui menace les nombreuses personnes vulnérables qui utilisent ces espaces, ainsi que le personnel et les bénévoles des refuges, et les quartiers et communautés plus larges de la ville.

Tout au long de la pandémie COVID-19, nous sommes profondément préoccupés par le fait que la ville continue d'exploiter et de superviser des abris qui ne respectent pas les normes d'éloignement physique. Les normes de la ville en matière de refuges exigent un espacement entre les lits de seulement 2,5 pieds - bien en dessous des 6 pieds exigés en cette période.

La ville met en danger ceux qui utilisent le système des refuges. Des centaines d'individus ont installé tentes et campements, et vivent dans le froid à l'extérieur plutôt que de risquer d'aller dans des abris surpeuplés qui augmentent leurs risques d'être exposés au virus. Les craintes de ces personnes sont malheureusement justifiées : des centaines de personnes ont contracté le COVID dans des abris.

Non seulement les populations sans-abri sont exposées à des conditions qui ne respectent pas les normes de santé publique, mais la fermeture de nombreuses entreprises, établissements et installations publiques a affecté de manière disproportionnée les utilisateurs des refuges. Ces fermetures, combinées aux restrictions des activités et des rassemblements en plein air, ont limité l'aide apportée par les secteurs privés, caritatifs et publics. Toilettes et abris adéquats, sécurité alimentaire, dépistage et autres services de santé publique sont des services vitaux qui sont encore plus nécessaires durant cette pandémie.

Dans de nombreuses provinces, au lieu se voir offrir un espace sûr pour s'isoler, les populations sans-abri se voient infligées des amendes en application de lois d'urgence, et ce malgré des circonstances extrêmement difficiles.

Nos travaux récents

Litige 2020

Il est urgent de protéger les communautés les plus vulnérables et les plus sans-abri au Canada, en particulier pendant la COVID-19.

Pour prévenir la propagation de COVID-19 parmi les communautés de sans-abri, le 29 mars, l'ACLC a écrit au maire et au conseil municipal de Toronto pourexiger que la ville crée immédiatement une distance physique appropriée et un logement sûr pour les personnes sans domicile. Le 20 avril, l'ACLCs'est associée à plusieurs autres organisations, envoyant une nouvelle lettre à la Municipalité, et a finalement déposé un recours constitutionnel et en matière de droits de l'homme devant les tribunaux.

Nous soutenons que la ville exploite son système de refuges en maintenant des normes discriminatoires et qui violent le droit à la vie et à la sécurité de la personne des résidents des refuges en vertu de la Charte Canadienne des Droits et Libertés et du Code des droits de la Personne de l'Ontario.

Les appels des responsables de santé publique et des élus à "rester chez soi" et à s'isoler ont démontré l'importance d'un abri sûr en matière de santé publique. Évidemment, il est impossible de s'isoler sans un abri adéquat.

La lenteur avec laquelle la Ville agit a conduit à une situation dangereuse dans laquelle des centaines de personnes sans domicile fixe ont contracté, ou courent un risque immédiat de contracter COVID-19.

L'ACLC se bat pour des logements approprié pour la population sans-abri et s'oppose aux violations par la Ville des droits individuels garantis par la Charte, y compris le droit à la vie, à la sécurité de la personne et à l'égalité..

Nos partenaires de coalition sont: Sanctuary Ministries de Toronto, Aboriginal Legal Services, Advocacy Centre for Tenants Ontario, Black Legal Action Centre et HIV & AIDS Legal Clinic Ontario.

Nous devons agir immédiatement pour que le plus grand nombre possible de personnes sans domicile survivent à la pandémie.

MISES À JOUR

20 mai 2020 - La ville de Toronto a maintenant remis son premier rapport, comme l'exige l'accord conclu avec notre coalition (Sanctuary, ACTO, ALS, BLAC, CCLA et HALCO), en réponse à notre procès concernant la surpopulation dans les refuges pendant Covid. Dans le cadre du règlement, la Ville de Toronto doit fournir des rapports réguliers sur ses efforts pour assurer d'éloignement physique au sein du système de refuges, y compris la capacité et le nombre d'occupants des différents sites. Le règlement autorise également notre coalition à interroger la ville sur ses rapports, et exige de la Ville qu'elle fournisse des réponses détaillées.

19 mai 2020 - La ville de Toronto s'est enfin engagée à créer et à maintenir des normes d'éloignement physique essentielles dans tout son système de refuges. Le mois dernier, l'ACLC, avec une coalition de prestataires de services sur le terrain pour les sans-abri et de groupes de défense des droits de l'homme, a intenté une action en justice contre la Ville et la province de l'Ontario pour ne pas avoir protégé en urgence la vie des personnes sans abri durant la pandémie. La coalition est heureuse d'annoncer qu'un accord provisoire a été conclu avec la ville , accord qui protègera la vie des résidents des refuges mais aussi la santé des employés des refuges et du grand public.

24 avril 2020 - L'ACLC et les partenaires de la coalition, dont Sanctuary Ministries of Toronto, Aboriginal Legal Services, Advocacy Centre for Tenants Ontario, Black Legal Action Centre, and HIV & AIDS Legal Clinic Ontario, ont déposé une plainte contre la ville de Toronto pour violation de la constitution et des droits de l'homme. 

20 avril 2020 - Avec d'autres organisations préoccupées par la santé des plus vulnérables, l'ACLC a écrit une lettre à la ville demandant une action immédiate pour assurer une distanciation physique appropriée. 

29 mars 2020 - L'ACLC a écrit au maire et au conseil municipal de Toronto pour exposer en termes clairs le besoin de logements, d'espaces d'hébergement sûrs et individuels, et d'une distance physique appropriée pour les personnes sans abri.